-Henriette je me rends au village ! -Aimé ! C’est devenu quoi ? Il y’a deux jours tu y étais et aujourd’hui tu y retournes encore ? - Tu as un problème avec le fait que je rende visite à ma mère ? -Je n’ai aucun problème avec ça mais tu exagères chéri ! Il y’en a que pour ta mère, c’est moi que tu as épousé ou elle ? ~Slash(gifle)~ Aimé m’avait assené une gifle, ma joue était en feu. -Gifle moi autant que tu veux je m’en fou, c’est la pure vérité. En 12 ans même l'ombre d'un retard je n'ai pas eu mais tu refuses qu'on aille voir un médécin. Tu préfères passer plus de temps avec ta mère qu’avec moi, tu trouves ça normal de m'abandonner dans cette maison ainsi? Les larmes ruisselaient sur mon visage... -Tu ne me sers à rien dans cette maison ! Va chialer loin. -Aimé je suis ta femme ! Je n’as pas le droit de me traiter ainsi ! Snif( pleures) -Ferme moi ça ! Si tu es dans cette maison c’est grâce à ma mère, tu lui dois le respect et considération. Femme inutile ! Aimé m’avait poussé avec force et j’atterris avec les fesses sur le sol, j’avais mal. Ma vie de couple était les montagnes russes lorsque tout nous souriait la tempête n’était jamais loin. Aimé pouvait passer des rires à la colère en une fraction de secondes, il ne se gênait pas non plus de me rouer de coups dès que l’envie lui prenait. Je suis Henriette âgée de 30 ans, Aimé et moi étions mariés depuis 12 ans sans enfant. J’étais prisonnière dans un mariage arrangé… Je vivais paisiblement au village avec mes parents, j’étais élève et, je venais de braver avec brio la classe de première. J'aidais ma mère durant les vacances à vendre les légumes au marché, nous étions pauvres mais nous ne manquions pas de quoi manger, mon père était le forgeron du village. C’était un homme très dur de caractère, pour lui la place de la femme n’était pas à l’école mais à la maison, il m’avait mis à l’école par contrainte c’est ma mère qui l'avait contraint à le faire pour que je puisse les sortir de cette précarité. Madame Kenfack était une cliente régulière de ma mère, elle était différente des femmes du village, toujours très bien vêtue et bien entretenue, d’ailleurs les kenfack était la famille la plus riche de notre village. Chaque fois qu’elle venait elle me gratifiait d’un joli billet de 1000 francs, je cachais aussitôt pour que ma mère ne le voit pas…. Un jour je rentrais du marché exténuée, je poussais le petit portillon en tôles qui nous servait de barrière, puis j’entrais dans notre cour, une grosse voiture garée y était garée, je me demandais bien à qui elle appartenait. Je me précipitais à l’intérieur et vis Madame Kenfack accompagnée d’un jeune homme, mes parents les avaient donné pour siège un de nos vieux canapés, le seul qui était encore en bonne état, ils s'assirent en face de nos invités sur un autre canapé bien amoché. Le salon était rempli de cadeaux: des marmites, des lits, des ustensiles de cuisine, une bouteille à gaz, des pagnes, des liqueurs, des vivres…la liste était exhaustive je n’avais pas pu dénombrer tout ce qui s’y trouvait. -Mon bébé Henri vient là ma mère ! C’était ainsi que mon père m’appelait lorsqu’il voulait me flatter. Je m’approchais d’eux… -Nous avons des invités très spéciaux qui sont venus te voir. Je jetais un coup d’œil à nos hôtes, madame Kenfack m’afficha son plus beau sourire, le jeune homme m’avait regardé avec insistance comme s’il recherchait quelque chose. -Comment vas-tu ma fille ? M’avait-elle demandé... -Bien merci maman et vous ? -Très bien ! Je te présente Aimé mon fils aîné ! -Bonjour ! Avais-je dit timidement -Il ne m’avait pas répondu, il avait juste hoché la tête ! Je le trouvais bien condescendant avec ses grands airs. -Ma fille ! Madame Kenfack et son fils sont venus avec tous ces cadeaux pour nous demander ta main. Dixit mon père -Ma main papa ? -Oui ! Tu n’entends plus bien ? -Mais papa je suis bien trop jeune pour me marier je n’ai que 18 ans, que ferai-je de mes études ? -Les diplômes ont déjà nourri quelqu’un dans ce village ? Je croyais que tu étais sage mais je me trompais…L’école des blancs là vous enlève tout discernement ! -Mais… -Assez ! Nous te faisons juste part, nous ne demandons pas ton avis. Tu l’épouseras ! -Papa tu ne peux pas me faire ça ! Je veux devenir médecin et vous sortir de la pauvreté. -Ferme là ! Voici ton bonheur ici ! Tu ne manqueras de rien aux côtés d’Aimé ! C’est un digne fils de ce village, il très intelligent par-dessus tout c’est lui qui gère les entreprises familiales en ville. Toutes les filles de ce village rêve d’épouser un homme riche et beau tel que lui, mais tout ta part c’est fréquenter. J’ai mal parlé Sabine ? -Non mon mari c’est bien ça ! Qui a même dit qu’une femme devait trop fréquenter? Nous avons fait de notre mieux tu es arrivée en classe de première jusqu’à décrocher le probatoire c’est largement suffisant. Le reste ne nous concerne plus. Je veux aussi frapper ma main sur ma poitrine car ma fille aura épousé un homme pleins aux as, je serai respectée dans ce village. -Voilà ! Madame Kenfack excusez ma fille ! J’avais dit à sa mère que l’école ne serait pas une bonne chose pour elle mais elle avait insisté pour que je scolarise cet enfant, et aujourd’hui elle veut nous défier ? Le mariage aura lieu. -Mon ami Bernard calme toi ! Henriette n’est qu’une enfant ! Si elle souhaite continuer avec les études ce n’est pas un problème, quand elle se mariera elle pourra retrouver les bancs de l’école pour décrocher son baccalauréat et faire des études supérieures dans les meilleures universités si elle le souhaite. -Woulili (cris de joie) ! Ma sœur c’est Dieu qui vous envoie ! On va me respecter dans ce village mon beau fils est riche. -Sabine calme toi ! Assied-toi ma femme et cesse de te donner en spectacle devant nos invités ! -Bernard ce n’est rien ! Sabine est juste heureuse pour le bonheur de sa fille, qui n’aimerait pas avoir Aimé pour un époux il est beau, jeune et riche ! -Oui c’est vrai chère amie ! Henriette sera une bonne femme, sa mère lui a tout appris, jamais elle ne vous causera un tort. Elle est très travailleuse, belle et maternelle de surcroît notre fille est encore vier*ge, vous devez donner beaucoup d’argent ! -Ce n’est pas un problème ! Je connais très bien Henriette je n’ai pas porté mon choix sur elle au hasard c’est une fille polie et soumise. Nous donnerons tout ce que vous demanderez, même les doléances des oncles, tantes, cousins et autres nous les prendrons. -Woulili ! Henriette ta vie va changer ma fille ! Je regardais la scène très écœurée, une vraie vente aux enchères dans laquelle mon père me vendait comme un bœuf sans remords pour ses propres intérêts. Mon père avait convié ses frères à une réunion pour les préparatifs de la dote. Mon oncle père Tchafack et mon père firent appel aux femmes de la famille, chacun devait inscrire sa doléance sur la liste de la dote, la belle famille de Henriette était pleine aux as il fallait en profiter. -Je demande hein, oncle Tchafack vous pensez que les kenfack viennent d’une famille royale c’est quoi ça avec ces nombreux cadeaux que vous demandez ? Vous faites honte à la famille ci, même les allumettes yeuch ? -Ferme moi ton clapet là petite insolente, maa magué(Diminutif de Marguerite) je t’ai déjà dit que ce qui perdra ta fille ci c’est sa bouche qu’elle ne prend jamais le temps de remuer trois fois avant de parler à ses aînés. Regardez moi celle qui veut nous faire la morale, tu crois que la belle famille d’Henriette c’est ta belle famille sans confiance là qui était incapable de donner la somme que nous avions fixé ? Yeuch ! Même un franc je n’ai pas mangé sur ça ! -Paa Tchafack, je te respecte beaucoup lopaire(le père), respecte moi aussi ce n’est pas parceque tu es le patriarche et ainé de cette famille que tu vas me manquer de respect si ma mère accepte ça tu sais que pour moi ne part pas loin, c’est deux minutes de folie . -Annie calme toi ma fille tu parles à ton oncle ! -Maa Sabine arrête de lui accepter toutes ces bêtises, une famille de men*diants ! Regardez Henriette une fille qui a tout pour réussir, très intelligente mais vous voulez sacrifier l’avenir de cet enfant pour vos intérêts je ne suis pas d’accord ! -Toi qui ? Papa Tchafack cracha trois fois par terre toutes les femmes de la concession s’exclamèrent à haute voix. -hé hé ! Mon père ne fait pas ça ! -Je vais mau*dire cet enfant c’est de trop avec son insolence ! -Tu me mau*dis que tu es qui ? Celui qui pouvait me mau*dire est déjà décédé donc tout ce que tu feras ne sera que feux de paille. Vous voulez hypothéquer l’avenir de ma cousine et quand je parle ça te fait mal. Ta fille est là-bas, oui toi Virginie tu as déjà mis près de dix cadeaux sur cette liste, même l’ombre d’un homme pour faire ton toqué porte je n’ai jamais vu, mais si c’est pour aligner les enfants dans la concession de ton père et faire le commérage tu es forte. -Maa magué arrête ta fille, parceque si je me lève sur elle je vais lui montrer que je suis venue au monde avant qu’elle. Gronda Virginie qui secouait déjà ses pieds au sol prise de colère. -Rire(haha sarcastique), toi Virginie que tu vas me monter quoi ? (Rire) tu me connais ! Je n’ai pas besoin de te faire goûter mon piment à nouveau ! mon père était Eton dois-je vous le rappeler? Je peux être folle plus que toi et vous tous ici réunis, viens ! Même avec une main je te maitrise. -J’avais bien parlé à Marguerite de ne pas aller chez les béti est ce qu’elle m’avait compris ? Même nos parents elle les avaient bourdé koo je l’aime ! Voilà le résultat debout devant moi qui me manque le respect. -Revenons à toi paa Tchafack, il faut que je te dise tes deux vérités. -Habah ! L’enfant ci va tout me montrer( S’exclama maa magué, la mère d'Annie) que vérité a fait quoi ? Ça ne va pas dans ta tête là Annie ? -Je pleure ton mari, pierre là souffre dans tes mains. Un enfant qui est toujours entrain de gesticuler comme l’asticot. Tu penses que ton avis compte ici même si la liste ci arrive jusqu’au carrefour ton problème dedans c’est lequel ? Hé maa magué, si je me fâches sur Annie… dixit père Tchafack -Tagni(père des jumeaux ou jumelles, nom donner en pays bamilékés aux hommes) papa pardonne lui, elle ne sait pas ce qu’elle fait ! -Hé maman reste en dehors de ça ! Je sais très bien ce que je fais. Toi oncle Bernard toi et ta femme Sabine voulez hypothéquer l’avenir de votre seul enfant pourquoi ? Pourquoi vous êtes méchants comme ça ? -Les femmes n’ont pas le droit d’hausser le ton ici ! Si tu veux étaler ta sauvagerie va dans ta belle famille. Henriette t’a dit qu’elle était contre ce mariage ? Je commence à croire que tu es jalouse de ma fille comme son prétendant vient d’une famille riche ça t’énerve. Dixit le père d'Henriette -L’école est bien Seigneur, l’ignorance nous guide sur la route de la perdition. -Mieux de toi tu as fréquenté tu es où avec aujourd’hui ? Tu as pu relever cette famille même un bureau tu as à Douala ? -Oncle ! Même si je ne suis pas haut cadre de dans cette société, le Seigneur m’a béni avec mon petite job, je ne souffre pas. Mon mari et moi subvenions aux besoin de nos enfants. Tu m’as déjà vu venir pleurer auprès de vous parceque mes enfants n’ont pas mangé ? Dieu bénit chacun en son temps, je sais que demain sera meilleur donc je me contente de ce qu’il me donne aujourd’hui. Mais vous qu’est ce que cette pauvre petite vous a fait? Henriette je m’adresse a toi, réponds devant la famille. Veux-tu épouser Aimé ? Annie était ma cousine, elle était plus âgée que moi de 10 ans exactement mais nous nous entendions bien, nous étions très complices d’ailleurs c’était la seule dans la famille avec qui j’avais des affinités, tout comme moi elle était enfant unique à ses parents. Elle était mariée à Pierre depuis six ans, tous les deux avaient deux filles et formaient une belle famille. Annie était mon modèle c’était la seule qui avait poussé loin avec les études, titulaire d’un Master en comptabilité et expertise, elle ne travaille pas dans son domaine car le pays avait ses réalités mais elle vivait dignement et gagnait bien sa vie. Plus grande je rêvais d’une magnifique famille comme celle d'Annie. C’était une femme dure de caractère qui ne se laissait pas marcher dessus j'aurai aimé avoir son courage et son audace. Le remède de père Tchafack, elle ne manquait pas de recadrer l'un d'entre eux lorsqu’il faisait quelque chose de mal. Annie m’avait défendu ce jour là avec la dernière énergie mais ça n’avait pas empêché qu’ils me vendent comme une marchandise. Cette question m’avait fait couler les larmes, je regardais la liste que père Tchafack tenait en mains, mes parents et maa magué qui ne disaient rien face à tout ceci et je me demandais comment on pouvait en venir là vendre son enfant pour de l’argent. -Henriette calme toi que personne ne t’influence ici ! Tu veux épouser ce gars ? J’avais hoché la tête je sentais le regard menaçant de mes parents sur moi, ils allaient me renier. -Oui Annie, je veux l’épouser. -Regarde moi quand tu parler ! Si ça ne tient qu’à moi je t’emmène avec moi à Douala, tu pourras continuer l’école et, si ces vieux là s’opposent je leur porte plainte pour mariage précoce… ils verront mon visage. Père Tchafack, maa magué et mes parents étaient scandalisés par les propos d’Annie. Elle en était capable, mais hélas ma peur l’emportait sur ma raison. Je levai ma tête avec peine et regardait Annie, je devais puiser assez de forces pour la regarder dans les yeux et lui mentir. -Annie je vais épouser Aimé, je l’aime sincèrement. -Ce qui me fait mal dans tout ça, c’est ton avenir et ta jeunesse que tu vas gâcher dans ce mariage. Vous allez faire toute votre mascarade là sans moi, je m’en vais... -Annie ! snif (pleures), s’il te plaît ne pars pas j’ai besoin de toi, ne me laisse pas. -Désolée cousine, je ne peux pas assister à ça, tu n’es pas un object ou une marchandise pour qu’on te donne à un homme contre ta volonté. Je préfère prendre le bus pour rentrer chez moi que d’assister à tout ce cirque. Prends soin de toi ! Je m’étais jeté dans les bras d’Annie toute en pleures, je voyais dans son regard qu’elle était très peinée et déçue du choix de mes parents. Annie s’était défait de mes bras et partit je restais là toute en larmes pensant à ce qui m’attendait chez les kenfack. -Henri vient t’asseoir ma fille, laisse cette folle d’Annie de toute façon on n’avait pas besoin d’elle… dixit père Tchafack. Je me retournais et regardais ce vieillard, cet hibou de mauvaises augures, celui qui était sensé ramener son frère à la raison l’encourageait plutôt dans sa bêtise… Je toisais père Tchafack et me dirigea dans la concession. Toute l’assistance fut étonnée de mon comportement moi l’enfant qui était toujours soumise et polie, celle qui ne se plaignait pas lorsqu'on lui imposait quelque chose. Le manque de respect était mal vue en pays Bamiléké le respect des aînés et la famille étaient sacrés, qui voulaient s’attirer la foudre des parents ? Mon père m’interpella. -Hey Henriette revient ici ! Je stoppais ma course pour la concession et les fit face. *@Tous les droits de cette oeuvre sont réservés aux chroniques de Nelly Carelle* -Oui papa ! -Tu vois ta cousine Annie ce n’est pas un exemple pour toi, tu vas épouser Aimé dans quelques jours donc tâche d’être une bonne épouse, c’est notre honneur qui est en jeu. -Mais papa, je ne l’aime pas, je veux faire des études pas me marier… -Hé Albert les temps ont changé, Annie veut déjà nous contaminé l’enfant. Regarde ta cousine, l’amour l’a mené où avec son idiot de Pierrot ? Ne commence pas ! Dixit père Tchafack... -Paa Tchafack j’ai toujours su que était un homme méchant, tu devrais interdire mes parents de me marier contre mon gré mais tu n’es qu’un homme avide d’argent. Mon bien être vous vous en foutez pas mal ici, seuls vos intérêts comptent, quitte à me jeter dans la gueule du loup.. Père Tchafack et le reste de la famille restèrent bouche bée face à ma réaction. Mon père n’avait pas digéré cela il s’était dirigé vers moi et m'avait assené une gifle qui me fit perdre l’équilibre et je me retrouvais au sol, main sur la joue toute en pleures. -Si tu ouvres encore ta bouche pour nous parler ainsi tu vas le regretter, tu vas épouser Aimé que tu le veilles ou pas, tu es qui pour décider chez moi ? Je ne veux plus te voir dégage d’ici. M’avait-il dit tout en haussant le ton, je me levais avec la joue en feu et alla dans ma chambre. J’avais pleuré toutes les larmes de mon corps ce jour là. Des jours plutard la cérémonie de dote eue lieu, la famille d’Aimé avait tout apporté, rien n’avait manqué ils avaient même doublé ce qui était écrit pour le plus grand bonheur de ma famille, je n’étais guère heureuse ce jour là, je priais dans mon cœur que tout se termine vite. Après la cérémonie de dote là famille d’Aimé avait organisé également le mariage civile le lendemain, j’arborai une belle robe blanche de créateur. Moi qui avait imaginé l’un des plus beaux jours de ma vie autrement, le destin avait prévu autre chose pour moi… -Henriette ! -Oui papa ! -Tu es une femme mariée désormais et tu dois te comporter comme telle, tu n’es plus une enfant mais une femme, tâche de bien te comporter dans ta nouvelle famille, nous ne serons plus là ne nous fait pas honte ma fille. Notre bonheur se trouve entre tes mains. Tu as vu notre maison comment elle est devenue belle? Tout ceci est l’œuvre de ta belle famille. Sois une bonne épouse pour Aimé tu verras avec le temps tu l’aimeras, et nous attendons pleins de petits enfants et beaucoup d’argent. Ma femme tu as quelque chose d’autres à ajouter ? S’adressant à Sabine . -Non mon mari ! Tu as tout dit ! -Ok ! Ta belle famille viendra te chercher demain, Mme Kenfack m’a dit que son fils a une grande demeure à Douala vous effectuerez le voyage pour la capitale économique demain également j’espère que tous tes sacs sont faits et que tu as laissé toutes tes vieilleries d’habits et prit les beaux pagnes et vêtements que t’a offerts ta belle famille? Je répondis malgré moi… -Woutili, le Seigneur ne dort pas ma fille sera citadine on va me respecter dans ce village…s’exclama Sabine. Le lendemain deux grosses cylindrées noires garèrent sur notre cour ma mère m’appela après les salutations l’une de mes belles sœurs, une cousine d’Aimé avec le chauffeur m'aida à charger mes bagages dans le coffre. Mon mari était bien trop silencieux durant le processus de la dote et du mariage il ne m’avait adressé aucun mot juste un Oui je le veux devant le maire. La séparation avec mes parents se fit dans la plus grande douleur ils pensaient que je pleurais parce qu’ils allaient me manquer mais je pleurais parceque je ne savais pas ce qui m’attendait, cette peur de l’inconnu que l’on n’a au fond de nous, je me posais mille et une questions comment allait être ma vie auprès de cet homme que je ne connaissais même pas ? Je m’assis dans l’une des voitures près de mon mari, il m'avait regardé durant des minutes puis m’avait souri… -Ne pleure pas tu ne seras pas malheureuse avec moi Henriette ! C’étaient les premiers mots d’Aimé en mon endroit j’avais ravalé mes larmes, il m’avait mis la ceinture de sécurité. Il me traita ce jour là avec beaucoup de bienveillance. Direction Douala, un nouveau chapitre venait de s’ouvrir, celui de mes peines…
Aimé et moi vivions dans un quartier résidentiel l’un des plus huppés de la ville de Douala, la maison était très grande, construite sur deux étages, elle regorgeait de: six chambres avec chacune une douche, deux salons un grand salon familial, et un moyen pour recevoir ses invités de marque, l’extérieur était tout aussi magnifique que l’intérieur il y’avait un grand jardin bien entretenu, une belle piscine avec une belle mezzanine…. La maison de rêve le tout clôturé par un immense portail. Une maison qui était devenue tout au long des années une prison pour moi.
Les premiers années de mariage furent les plus beaux. Le jour de notre arrivée dans la maison, Aimé m’installa dans nos appartements je rangeais mes vêtements et les cadeaux reçus de ma belle famille j’avais pris possession des lieux, j’avais très peur à l’idée de partager un lit avec un homme moi qui sortait d’un village lointain je ne connaissais rien des hommes tous ceux qui s’aventuraient à me dire bonjour je courais aussi vite que je pouvais je ne voulais surtout pas finir comme ma cousine Virginie qui alignait les enfants dans la concession de Paa Tchafack, mes parents étaient très strictes et prenaient son cas pour me conseiller, à la première grossesse ils n’auraient pas hésiter à me mettre dehors.
J'appréhendais ma première nuit avec mon mari. Je priais pour que le soleil ne se couche pas, mais malheureusement la nuit était tombée, j’avais arboré un Jeans et un gros pull pour ne rien laisser transparaître à Aimé qui puisse le pousser à me toucher. J’étais au salon familial regardant les programmes télé, (mes parents étaient tout de même les rares habitants du village à avoir une télé, petite quelques enfants venaient regarder les programmes chez nous) Aimé lui travaillait sur sa machine dans la chambre depuis des heures ça m’importait peu tant qu’il était loin de moi mon anxiété diminuait vous penserez certainement que mon mari n’était pas un bel homme ! Pas du tout au contraire du haut de ses 27 ans il était grand de taille, une carrure imposante et un teint noir très proche, Aimé était l’homme que toute femme rêverait d’avoir physiquement il en jetait et il m’intimidait je baissais les yeux en sa présence.
Je suivais des pas derrière moi ce qui me fit sursauté je regardais l’horloge et il se faisait tard.
-Oh désolé de t’avoir fait peur ! Qu’est ce que tu fais là ?
-Je…je…avais-je balbutié...
-Il se fait tard, va te coucher !
-Je n’ai pas sommeil !
-Tu es certaine de cela ? Je t’ai trouvé endormie…
-Euhh c’est que...
Aimé avait sourit du coin de la bouche…
-Tu me prends pour qui au juste ? Quand tu parles lève la tête s’il te plaît.
-Tu es mon mari et je ne dois pas te regarder dans les yeux.
-Haha !(rire) Elle est bonne celle là, cette règle d’où la sors-tu ? Je parie que c’est encore l’une de vos bizarreries que vos parents vous apprends au village. Regarde moi !
Je levais la tête et le fit face. Il a un très beau sourire, il m'avait regardé longuement comme s’il recherchait quelque chose aux fonds de mes yeux.
-Tu es plutôt magnifique comme fille, ma mère ne s’est pas trompée sur son choix.
-Merci !
-Pourquoi tu t’habilles ainsi ? La chaleur de Douala si ne te dit rien.
-Non ! Je me sens bien ainsi.
-Si tu le dis! Il avait sourit comme s’il avait compris mon petit jeu.
-Ça ne sert à rien de mettre tous ses vêtements sur toi dans le but de cacher ton corps, tu es ma femme maintenant et ton corps m’appartient.
-Mais je ne suis pas un objet je suis une femme.
-Je ne te chosifie pas, mais on devra bien passer à l’acte tôt au tard, je verrai bien si tu n'as pas menti à ma mère sur ta prétendue virginité, vous les filles du village vous êtes très frivoles.
Les mots d’Aimé m’avait profondément blessé, j’étais une personne très sensible, la virginité était quelque chose de sacré moi qui avait si peur de me donner à un homme, ma peur se décupla.
-On dirait que tu aimes bien chialer !
-Je veux retourner chez mes parents !
-Tu n’es plus un bébé à présent mais une femme mariée, tu n’y retourneras plus .
Aimé s’était éclipsé me laissant sur le canapé en pleurs, je m’étais assoupie là le sommeil avait eu raison de moi.
Le lendemain je m’étais réveillée dans notre lit, j’avais toujours mes vêtements je me demandais comment j’y étais arrivée, ça ne pouvait être que lui qui m’avait porté jusqu’au lit conjugal, je me retournais aucune trace de lui. Je descendis du lit et regarda dans les autres pièces toujours rien, je me dirigeais à la cuisine pour boire un verre d’eau, je trouvais un papier posé sur la petite table à manger aménager dans la cuisine.
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J’étais très excitée et enthousiaste à l'idée d' y aller . Aimé et moi avions pris la route pour Kribi pour y passer le week-end, nous logions dans un hôtel au bord de la mer tout se passait très bien entre nous. A peine les valises posées, il m’emmena visiter quelques sites touristiques ensuite nous sommes revenus à l’hôtel pour s’échanger en maillot de bain pour aller piquer une tête au bord de la mer. J’arborai un maillot deux pièces que mon mari avait pris le soin de choisir pour moi, j’etais de teint clair avec des formes très généreuses, j’avais un magnifique corps n’importe quel homme tomberai sous mon charme. Mon mari me regardait avec beaucoup d’envie et de désir, ça se voyait dans ses yeux qu’il aurait préféré me dévorer surplace que d’aller piquer une tête à la mer, je me sentais gêner et toujours intimidé en sa présence. -Tiens ceci mets le sur toi. Aimé me passa un paréo et prit le soin de boutonner. -Mais comment vais-je apprendre à nager avec ça ? -Euhh… je ne veux pas que tu sois l’attraction de tout le monde, tu es ma femme, personne d’autre ne doit poser les yeux sur toi. -Je te trouve bien trop possessif, je sais que je suis ta femme, je t’ai donné des raisons de penser que ces regards pouvaient m’intéresser? -Euuh…non mais je dois être sur mes gardes. -Haha( rire) tu en fais des tonnes je trouve, je te fais paniquer tant que ça ? -Tu trouves ? Aimé s’approcha de moi et je reculais jusqu’à me retrouver sur le mur. -Oui ! Dis-je tout bas toute intimidé Il était juste là prêt de moi, me regardant comme une proie. Il me toucha délicatement mes cheveux et mon visage. -Regarde moi Henriette ! Je levais la tête face à mon mari. -As-tu déjà embrassé un garçon? Je n’avais guère répondu j’étais comme hypnotisée par son regard… Il s’approcha de mes lèvres, me renifla, j’avais fermé aussitôt mes yeux. Aimé posa ses lèvres sur les miennes, j’avais l’impression que mon corps produisait de l’électricité , il força le passage entre mes lèvres et m’embrassa, je ne savais rien du tout mais instinctivement je répondais à son baiser, c’était si doux. Je ne saurai combien de minutes nous étions restés avec les lèvres accolés, je sentais ses mains caressés mes courbes ça me faisait un bien fou, j’avais presque le souffle coupé face à ses baisers et caresses. Puis il s’arrêta subitement et me regarda j’avais toujours les yeux fermés. -On n’y va! -Mais… -dépêche toi Henriette ! Je mis à bouder, pourquoi me m’était-il dans cet état et me lâchait après j’avais goûté à ses caresses et j’en voulais plus, pour lui ce n’était qu’un jeu pour me mettre en rogne. Aimé était sorti et m’attendait dans le hall, je descendis quelques minutes plutard le rejoindre juste aux escaliers je vis une jeune femme s’agripper a lui elle semblait être très proche de lui et cela ne me plaisait guère qu’elle touche mon homme ainsi, Aimé me voyait venir , les hommes présents dans le hall me regardaient avec désir, j’avais tout simplement laissé le paréo que mon mari m'avait mis une façon de me venger pour ce qu’il venait de me faire je voyais de la colère en lui. Je me dirigeais vers lui et cette jeune femme. Elle prit le temps de regarder de la tête au pied mais j’en avais rien à cirer… -Chéri on n’y va je suis prête mon cœur. Aimé me regarda c’était la première fois que je lui attribuais des petits noms, il se mit à sourire car il avait compris que c’était la présence de cette jeune femme qui me faisait dire ses mots. -Aimé tu ne me présentes mas à Madame, dis donc tu as eu le gros lot, elle est magnifique. -Merci Solange. Je te présente Henriette mon épouse. -Enchantée Henriette, je suis une amie d’Aimé… Pourquoi continuait-elle de s’agripper ainsi à mon homme et lui ne disait rien ça lui plaisait bien cette situation pensais-je. -Solange est une amie du lycée, je viens de la rencontrer dans notre hôtel, elle y passe le week-end également avec ses amies. -Ok ! -Tu as de la chance ma cocotte, toutes les filles de cette ville lutteraient pour avoir un mâle tel qu’Aimé à ses côtés. Je vous laisse profiter de votre journée j’étais ravie de te connaître Henriette. Elle fit une bise à Aimé et je trouvais cela très déplacé, elle s’en alla tout en cassant la démarche remuant ses fesses pour se faire remarquer par lui. -Ça te plaît ? -De quoi parles-tu ? -Je suis sûre que c'est ta maîtresse, tu laisses cette femme te tripoter sous mes yeux. -Tu exagères, on n’y va ! Il s'en alla... Je n’en avais pas terminé avec lui. Je faisais tout pour l’esquiver, j’étais très énervée. Nous revenions dans notre chambre d’hôtel je ne parlais plus à Aimé, lui également m’ignorait, cette épisode avait gâché la journée. Je m’endormis tout près de mon mari en froid. Le lendemain je me réveillais la première et prit une douche je m’habillais et descendit au restaurant de l’hôtel sans mon mari pour le déjeuner. Le serveur m'avait servi ma commande je déjeunais tout en regardant les enfants s’amuser près de la piscine de l’hôtel à travers la baie vitrée. J’étais concentrée et souriait tout en regardant leur jeu que je ne remarqua pas la présence d’un homme… -Bonjour Mademoiselle! Je me retournais et vit un homme la trentaine approximativement se tenir debout près de la table. -Bonjour M. -Je peux me joindre à votre table si ça ne vous pose pas de problème. -Oui ! -Merci! Il prit place en face de moi le serveur lui apporta sa commande… Je n’avais trouvé aucune objection à cela d’autant plus qu’à toutes les tables ce n’était pas forcément des personnes qui se connaissaient. -Je me prénomme Julio et vous ? -Henriette ! -Beau prénom ! Je suis là avec des amis et vous ? -Avec mon mari ! Je mis mon doigt en évidence pour qu’il puisse bien voir ma bague ça l’avait refroidi tout de même. -Votre mari est chanceux de vous avoir, vous êtes une magnifique femme. -Merci ! Nous débattons sur quelques thèmes, il était surpris de voir que à mon jeune âge j’avais une bonne ouverture d’esprit et une bonne culture générale… Dans mes fou rires avec Julio je n’avais pas remarqué que mon mari était adossé à l’entrée du restaurant et nous regardait il devait être sûrement là depuis des lustres, il ne laissait rien transparaître. Il avança et prit place sur l’une des tables en face de nous. Le serveur lui avait apporté une tasse de lait qu’il buvait tout en manipulant son téléphone. Julio continuait à me parler je continuais la conversation également. Il prit congés de moi déposant sa carte il m’avait dit qu’il était agent immobilier, je pris sa carte et rejoignis ma chambre. Dans le couloir qui me menait à ma chambre quelqu’un m’attrapa le bras et me fit entrer de force dans la chambre. -Aimé lâche moi tu me fais mal ! -Ferme là ! A peine arrivée tu as déjà trouvé un amant. C’est qui ce gars ? Tu me trompes avec lui ? -Je ne le connais même pas ! Il déjeunait à ma table. Lâche moi maintenant… -Tu n’es qu’une menteuse ! Un homme que tu ne connais même pas et tu ris autant avec lui ? -Je te dis la vérité ! -Nous ne restons plus un instant ici tu ranges tes affaires on n’y va ! -Mais nous sommes sensés rentrer demain ! -On rentre aujourd’hui ! Je me mis à pleurer…. -Aimé je te déteste, pourquoi tu me traites ainsi, des inconnus n’ont plus le droit de me parler ? -Oui aucun autre homme ne doit t’approcher tu es ma femme tu m'appartiens. -Je ne suis pas un objet tu me dégoûtes. -je n'en ai rien à foutre… Aimé m’avait lâché et s’empressa de faire nos valises, je mis un jeans avec un t-shirt. Après avoir réglé notre note à la réception, il mit nos deux valises dans le coffre, sur le parking je revis Julio il s’approcha à nouveau de moi. -Hey Henriette c’est le départ ? -Oui ! Mon mari s’approcha nerveusement de lui… -Bonjour M. Je suppose que vous êtes le mari d’Henriette ! - Oui Julio! -Okey ! Il voyait de la tristesse dans mes yeux. -On ne vous a pas appris à rester loin des femmes mariées ? Je ne veux plus que vous tournez autour de ma femme. Henriette monte ! Dixit Aimé sur un ton ferme. Julio était resté perplexe face à son comportement, je m’exécutais et montais à côté de mon mari. Le trajet se fit dans le silence l’atmosphère était très tendu, je découvrais peu à peu le caractère impulsif et colérique de mon mari. Nous arrivions à la maison et Aimé monta les valises dans notre chambre il ressortit sans me dire où il allait. Je restais là très peinée par la situation. Aimé rentra la nuit je m’étais assoupie sur le canapé je sentais quelqu’un me porter j’ouvris les yeux dans les bras de mon mari. Je le regardais me porter jusqu’à notre chambre sans dire un mot il me posa sur le lit j’arrêtais son bras… -Où étais-tu ? -Je suis allé me changer les idées, si je restais là j’allais te faire encore plus de mal. -Pourquoi tu te comportes ainsi envers moi ? -Je ne suis pas quelqu’un de bien Henriette ! Je vis beaucoup d’émotions dans les yeux de mon mari je me demandais ce que cela pouvait cacher, je me rapprochais de lui et le serra dans mes bras. -Pourquoi dis-tu cela ? -Je n’arrive pas à ma contrôler je suis désolée, je me suis attachée à toi, je te fais tant de mal mais tu me pardonnes à chaque fois, ta douceur et ton calme me fascine. Chaque homme rêverait de t’avoir à ses côtés mais qu’est ce que je fais je gâche tout. Je ne te merite pas. Pardonne moi ! Je le trouvais sincère, je caressais son visage ses yeux marrons laissaient place à du rouge, je découvrai une autre version de mon mari qui m’émeut…. -Aimé je me suis attachée à toi ! J’aimerai que nous formions un couple et que ça marche entre nous. Mets ton égaux de côté et vivons pleinement notre relation. -Tu as raison ! Je ne ferai plus de scène qui puisse te mettre mal à l’aise c’est promis. Je t’aime Henriette ! Il me prit dans ses bras puis m’embrassa je sentis à nouveau mon corps et mon cœur battre, nos habits s’envolèrent à une toute vitesse, nos corps étaient attirés l’un par l’autre. Aimé me fit l’amour ce jour là pour la première fois avec beaucoup de douceur, il allait à mon rythme d’autant plus que j’étais vierge, il m’avait fait sienne avec beaucoup de tendresse, je me sentais bien dans ses bras l’une des plus belles expériences de mon existence…le lendemain je me réveillais dans ses bras. -Bien dormi ? -Oui, juste en peu mal mais j’ai bien aimé c’était super ! -Je suis désolé, tu t’habitueras. Je crois que j’ai eu beaucoup de préjugés à ton sujet et je m’en excuse. -Ne t’excuse plus, je ne te reconnais plus où est passé l’homme si impulsif haha(rire) -Il est bien loin celui là. Aimé me regardait tout en caressante mes cheveux, on se levait…j’avais honte de voir nos draps tachetés de mon sang. -Je vais les laver ! -Relaxe bébé ! Cela prouve que tu étais encore innocente tu n’as pas à être gênée de cela, je me sens honorer d’être le premier. Il me fit une bise et on ria de cette gêne, une soudaine complicité était née entre nous…